FICHE PRATIQUE SUR LE TEMPS DES ARTS DE LA RUE
(source : dossier de presse sur l'action en faveur du théâtre)
En 2005, le ministre a souhaité porter une attention particulière aux arts de la rue. Dix ans aprèsle lancement d’un premier plan d’intervention en faveur de ce secteur, il était nécessaire deredynamiser la politique de soutien de l’Etat en prenant en compte les avancées considérablesaccomplies dans ce domaine par l’ensemble de la profession.
Sensible à la demande exprimée par la Fédération des arts de la rue, le ministre de la culture etde la communication décide de lancer un Temps des Arts de la Rue en février 2005 à l’occasionde la rencontre nationale organisée par l’ONDA et accueillie par Lieux Publics à Marseille. Dixactions sont annoncées pour bâtir cette nouvelle étape de consolidation et de développementdes arts de la rue.
Il s’agit de :
* structurer des lieux animés par des compagnies
* identifier de nouveaux centres de production
* construire la Cité des Arts de la Rue
* affirmer l’écriture pour la rue par des commandes publiques
* soutenir l’émergence des jeunes compagnies
* promouvoir des modes de diffusion
* ouvrir les frontières et favoriser les échanges
* lancer la FAI AR (formation avancée et itinérante des arts de la rue)
* mieux connaître et faire connaître les arts de la rue.
La réalisation de ce programme ambitieux suscite une formidable mobilisation qui associe demanière exemplaire les professionnels et les représentants des institutions, Etat et collectivitésterritoriales. Un comité de pilotage rassemblant une trentaine de personnalités et neuf groupesthématiques sont rapidement constitués et œuvrent depuis le mois de mai pour traduire sur leterrain les incitations impulsées par le Temps des Arts de la Rue. On peut citer quelques actions : l’élaboration d’un texte-cadre précisant les missions des centresnationaux de production pour les arts de la rue, la consolidation de l’emploi dans lescompagnies, ainsi que l’installation de certaines d’entre-elles dans des locaux de travailappropriés, le soutien aux premiers projets de jeunes compagnies dans le cadre des aides à larésidence d’artistes et résidences de production, la mise en place d’un nouveau dispositif d’aideconfié à l’ONDA pour inciter la programmation de spectacles des arts de la rue dans les saisonsdes théâtres, l’organisation d’un colloque international dans le cadre de la vingtième édition duFestival d’Aurillac, le lancement d’une collection d’ouvrages consacrés aux écritures singulièresde ce secteur, ainsi que d’une étude sur le public pilotée par le DEPS. Cette mobilisation va se poursuivre en 2006. Comme le ministre l’avait annoncé à sonlancement, le Temps des Arts de la Rue n’est pas un moment éphémère, mais un véritable plande structuration durable. Cette deuxième étape sera placée sous une double enseigne : le renforcement des actionsentreprises et la mise en place de nouvelles actions complétant le programme annoncé
* Le premier cercle des six centres nationaux pour les arts de la rue (l’Abattoir à Chalon-sur-Saône, l’Atelier 231 à Sotteville-lès-Rouen, l’Avant-Scène à Cognac, le Fourneau àBrest, le Parapluie à Aurillac et les Pronomades en Haute-Garonne) s’élargira à troisautres lieux animés par des compagnies : le Citron Jaune/Ilotopie à Port Saint-Louis, leMoulin Fondu/Oposito à Noisy-le-Sec et la Paperie/Jo Bithume à Angers. Les moyens deces lieux seront renforcés en concertation avec les collectivités partenaires qui, dès 2005, ont soutenu cet effort de structuration en faveur de la création et de la productionpour les arts de la rue. Parallèlement aux centres nationaux, quelques nouveaux lieux seront repérés au niveauterritorial, complétant la présence permanente des artistes de rue en région.
* L’aide aux compagnies se poursuivra dans le cadre de nouvelles mesures prévues pourl’ensemble du champ théâtral, notamment les aides à la maquette et les conventions de« compagnonnage » dont l’esprit correspond bien aux besoins des équipes des arts de larue qui souhaitent se rassembler pour mieux maîtriser leurs coûts, tout en partageant unecertaine affinité artistique. La politique d’aide à l’emploi et de nouveauxconventionnements sera aussi poursuivie, ainsi que les aides consacrées aux premiersspectacles de jeunes équipes dans le cadre du dispositif spécifique d’aide aux résidenced’artistes et résidences de production pour les arts de la rue. En outre, les écritures pour la rue feront l’objet d’un accompagnement particulier dans unplan de soutien coordonné avec la SACD.
* L’ONDA poursuivra son action de sensibilisation des réseaux de diffusion généraliste à laprogrammation de spectacles de rue pendant les saisons. Inciter le développement desaisons des arts de la rue est un enjeu essentiel pour la vitalité du secteur qui ne peutplus se contenter d’une visibilité concentrée sur les festivals d’été. • Sur le plan international, l’Association Française d’Action Artistique soutiendra la diffusionen Europe d’un spectacle coproduit par les structures du réseau « In Situ » et mobiliserason réseau pour inciter la venue de programmateurs étrangers en France. L’Afaa prépareaussi à partir de 2007 un temps fort européen sur les arts de la rue. Dès 2006 aussi,Lieux publics pourrait se voir doter d’une mission de coopération internationale et destructuration européenne.
* Pour la formation supérieure, 2006 sera l’année de sortie de la première promotion de laFAI AR dont le parcours d’apprentissage s’est réalisé au travers d’étapes dans plusieurscentres de création en France et à l’étranger.
* Sur le plan des connaissances, l’étude nationale sur le public des arts de la rue piloté parle DEPS rentrera dans sa phase de réalisation et seront également impulsées denouvelles recherches sur les esthétiques qui traversent ce secteur. En outre, un réseaud’échanges sera impulsé dans les milieux universitaires et de la recherche. Unprogramme de rencontres aura lieu à la Villette permettant la rencontre entre des artistesdu théâtre de rue et des spécialistes d’autres disciplines (philosophie, sociologie). Lespremiers ouvrages de la collection initiée par les éditions Entretemps avec le soutien detrois structures partenaires Lieux Publics, Pronomades et HorsLesMurs verront aussi lejour, ainsi que la publication de quelques guides pratiques sur les réglementations et lestechniques du spectacle en espace public.
Outre ces mesures de renforcement et de poursuite des politiques initiées en 2005, unenouvelle action-phare marquera la deuxième étape du Temps des Arts de la Rue :l’identification de « zones-pilotes pour les Arts de la Rue ». Il s’agit de territoires - régions,départements ou villes – particulièrement engagés dans le soutien à ce secteur et quisouhaitent marquer ce soutien par une action symbolique forte réunissant des artistes et desopérateurs culturels. Ces actions pourront se traduire par des commandes spécifiquesd’écriture et de réalisation de spectacles « in situ » dans les « zones-pilotes ».
Cette nouvelle action vise à inciter les expérimentations aussi bien sur le plan artistique qued’approche du public. Elle se veut également un terrain fertile pour lancer de nouveauxpartenariats entre l’Etat et les collectivités territoriales dans le soutien à la création et leurrencontre avec les spectateurs.
Enfin, 2006 marquera aussi le volet festif du Temps des Arts de la Rue avec la préparationd’un grand événement réunissant des dizaines de compagnies et d’artistes sous lacoordination de la Fédération pour les Arts de la Rue.