LES GROUPES DE TRAVAIL
Au sein du comité de pilotage, ont été nommés les coordinateurs de neuf groupes de travail qui développeront une réflexion spécifique sur certaines thématiques et problématiques. Ces coordinateurs rapporteront à l'ensemble du comité de pilotage les avancements des travaux des groupes et leurs propositions.
« Les Lieux de production », coordonné par Claude Morizur, co-directeur de la scène conventionnée Le Fourneau, à Brest.
Aujourd’hui, la production dans le domaine des arts de la rue relève de la responsabilité de la compagnie, structure juridique qui porte le projet, engage les premières dépenses, recherche les financements, emprunte auprès des banques, salarie les artistes, etc.
Aux côtés des compagnies, s'est développé depuis une dizaine d'années un paysage de lieux de fabrique. Comme autant d’histoires singulières, ils sont devenus des espaces de travail spécifiques, fortement ancrés dans leurs territoires. La plupart sont issus de festivals et gardent avec ceux-ci des liens étroits dans une relation dynamique entre création, production et relation aux publics.
Face à une diffusion encore essentiellement assise sur les festivals d'été, ces lieux de fabrication sont devenus pôles de référence sur le territoire pour assurer aux arts de la rue une pérennité d'action et de présence. Au carrefour des enjeux de la création, de la médiation et de la diffusion, ils accompagnent tout au long de l'année les compagnies en création.
Ce groupe de travail participe à l’élaboration d’un texte cadre définissant les missions des « centres nationaux de production ».* Plus généralement, il étudie les conditions de la production dans le domaine des arts de la rue.
* En lançant « le Temps des arts de la rue », le ministre de la Culture a désigné six de ces lieux comme devant devenir « centres nationaux de production » : l'Atelier 231 à Sotteville-lès-Rouen, le Fourneau à Brest, l'Abattoir à Chalon-sur-Saône, le Parapluie à Aurillac, les Pronomade(s) en Haute-Garonne et l'Avant-Scène à Cognac. Il a tenu aussi à conforter Lieux Publics. En plus de ces lieux repérés nationalement, il existe des lieux qui sont des points d'ancrage essentiels pour les compagnies : le Citron Jaune de la compagnie Ilotopie à Port Saint-Louis, le Moulin Fondu de la compagnie Oposito à Noisy-le-Sec, ou la Paperie de la compagnie Jo Bithume à la périphérie d'Angers…
« Écrire pour l’espace public », copiloté par Éma Drouin, directrice artistique du Deuxième Groupe d’Intervention et Françoise Vuillaume.
Ce groupe met en lumière les spécificités des écritures pour l'espace public afin d'en permettre un meilleur accompagnement. Son objectif est de mieux faire connaître et reconnaître les écritures spécifiques aux arts la rue, qu'elles soient pérennes ou éphémères.
En collaboration avec la DMDTS et la SACD, il réfléchit notamment aux améliorations à apporter pour rendre possible l'inscription des projets dans les dispositifs actuels d'aide à l'écriture. Il étudie également la possibilité de mettre en place de nouveaux dispositifs en liaison avec les lieux de production (généralistes ou spécifiques aux arts de la rue) et avec les villes ou les collectivités territoriales. Il s'attachera à ouvrir sa prospective à d'autres secteurs comme l'urbanisme, l'architecture et le patrimoine.
« Consolidation, implantation, structuration des compagnies », coordonné par Alain Taillard.
Ce groupe a pour but de s’interroger sur les enjeux des compagnies de rue, en partant de l’existant. Placé au point de convergence des thématiques abordées par les autres groupes de travail, il se consacrera plus spécifiquement aux problèmes de structuration et de consolidation des compagnies en accordant une attention particulière aux expériences d’implantation territoriale (lien aux collectivités locales, au territoire, lieux d’implantation…) et aux expériences de compagnonnage (lieux partagés, accompagnement de l’émergence, mise en commun de services administratifs…).
Bien entendu, en ces périodes de fortes évolutions sociales et économiques du spectacle vivant, le groupe se penchera également sur les statuts individuels et collectifs qui sous-tendent l’activité des compagnies au regard des spécificités du secteur des arts de la rue en matière d’emploi et de moyens de fonctionnement.
« Diffusion », coordonné par Philippe Saunier-Borrell, directeur de la scène conventionnée les Pronomade(s), en Haute-Garonne.
Les arts de la rue sont confrontés, comme d’autres secteurs de la création, à la problématique de leur diffusion. Les festivals qui ont joué un rôle déterminant dans l’affirmation de l’existence et de la pertinence de ce secteur ne peuvent être, aujourd’hui, les seuls lieux et temps de diffusion.
La mise en place de saisons territoriales des arts de la rue, les résidences de diffusion, les notions de commandes publiques ou de contes urbains, en liaison étroite avec les collectivités territoriales, d’une part, et les incitations à (faire) ouvrir les saisons des établissements généralistes (théâtres municipaux, scènes nationales ou conventionnées, CDN, CCN…), d’autre part, sont autant de pistes que ce groupe de travail chargé de « la diffusion » tentera d’explorer.
Cette réflexion sera menée avec des professionnels (diffuseurs, coproducteurs, accompagnateurs ou inventeurs d’histoires) fortement liés, ou pas du tout, aux arts de la rue, avec des compagnies repérées ou récentes dans le paysage de ces arts populaires, sans oublier des représentants de collectivités locales ou territoriales.
« Action internationale », coordonné par Pierre Sauvageot, directeur de Lieux publics.
Un groupe de travail s’est constitué autour des questions internationales. Autour des représentants des réseaux européens IN SITU, EunetStar et Circostrada, il comprend des institutions (AFAA, ONDA…), des compagnies, des producteurs et des diffuseurs déjà engagés dans de nombreuses actions.
L’objectif du groupe est de faire un rapide état des lieux et de définir une série de préconisations précises. Plusieurs idées apparaissent : coopération et mobilité, réciprocités et relations équitables / une Europe moins bureaucratique et plus ouverte au monde / mieux mobiliser les dispositifs existants / lancer le chantier des normes européennes / les arts de la rue français moteurs, mais attention à l’(auto)suffisance / prendre le temps / lancer des métissages artistiques, des échanges de savoir-faire, des réseaux affinitaires / sensibiliser le réseau culturel français à l‘étranger par des projets spécifiques / réfléchir à une opération exceptionnelle à partir de 2007…
« Formation et métiers », coordonné par Michel Crespin, metteur en scène et scénographe urbain, consultant pédagogique pour la FAI AR.
Au même titre que toute forme d'expression artistique majeure, les arts de la rue doivent trouver leur place dans le domaine de la formation pour que la création puisse envisager son propre développement et que cette profession soit qualifiée pour compléter sa reconnaissance.
Plusieurs axes de travail : la création de formations polyvalentes, la mise en place de structures souples et temporaires de formation, couplées à l'existence de formations spécifiques supérieures ou continues dans le domaine de la création des arts de la rue. Il en sera de même pour la sensibilisation et la formation des diffuseurs ainsi que des agents de collectivités territoriales.
La question de l’emploi, à travers la notion de métier, sera également abordée.
« Mieux connaître et faire connaître les arts de la rue », coordonné par Philippe Chaudoir, sociologue, Maître de Conférences à l’Institut d’Urbanisme de l’Université Lyon 2 Lumière.
L’objectif du groupe de travail tient dans son énoncé. Il s’agit, dans un premier temps, d’affiner la connaissance du secteur tout autant au plan de son économie propre que du point de vue des publics qui fréquentent les spectacles, des esthétiques qu’ils y rencontrent. À cet égard, le groupe de travail s’est donné comme première tâche de pratiquer un état des lieux des travaux effectués tant dans le milieu universitaire (mémoires, thèses, rapports de recherche) qu’auprès des collectivités.
Sur le second objectif, le groupe de travail a commencé une réflexion sur les initiatives nécessaires en direction de « cibles » différenciées. Même si le but du groupe de travail n’est pas de suivre la communication propre du Temps des arts de la rue, il est évidemment nécessaire de penser à une meilleure information auprès du grand public. Ceci passe par la valorisation d’un patrimoine photographique et vidéographique important qui pourrait circuler sous forme d’exposition et d’exploitation de documents vidéo.
Le public enseignant (et par rebonds d’élèves) pourrait également être touché à travers la réalisation de fiches pédagogiques avec le CNDP. La logique éditoriale est le troisième élément à développer (carnets de rue des Editions Entretemps, Découvertes Gallimard, etc.).
Sur la base de rencontres professionnelles déjà organisées en région, il semble également utile de mieux coordonner ces initiatives et de les médiatiser par l’intermédiaire d’un travail particulier auprès des médias nationaux et locaux mais aussi de la presse spécialisée, tant du côté du spectacle vivant (et plus généralement de la culture) que de celui de l’urbanisme, de l’architecture et des collectivités territoriales.
« Événement(s) fédérateur(s) », coordonné par Jean-Raymond Jacob, auteur et metteur en scène de la Compagnie Oposito, président de la Fédération des arts de la rue.
Ce groupe de travail a pour ambition de proposer un acte artistique collectif remarquable, significatif de la vitalité des écritures et de l’inventivité du spectacle de rue. Il devra provoquer la réunion des savoir-faire multiples en associant auteurs, compagnies et lieux de production et de diffusion à l’invention d’un spectacle manifeste, point d’orgue du Temps des arts de la rue.
Si ce moment est celui d’une monstration marquante de l’imaginaire des arts de la rue, il est aussi prétexte à l’invitation à d’autres artistes pratiquant leur art « dedans », à venir partager ce territoire de jeu. Il sera porteur d’une communication vivante, attestant de la maturité d’un mouvement artistique moderne en phase avec son époque.
Quel que soit le concept qui sera retenu (événement unique, simultané, pérenne ou relais), celui-ci devra faire l’office d’un scénario rigoureux. Un groupe d’écriture devra naturellement être constitué avec des auteurs de compagnies mais aussi des professionnels de la production et de la diffusion.
« L’occupation de l’espace public, l'environnement technique, la sécurité », coordonné par José Rubio, directeur technique de la Villette.
L’occupation de l’espace public offre une très grande liberté de création, mais impose de nombreuses contraintes. Ces trente dernières années, de nombreuses formes de propositions artistiques ont expérimenté ce terrain et ont occupé, envahi ou détourné le tissu urbain. Cette confrontation de l’univers artistique et du public dans la ville est d’une nature très différente de celle que l’on peut observer dans des lieux conventionnels. Les acteurs de cette confrontation, les moyens mis en œuvre, les règles qui s’imposent et les réponses que l’on peut y apporter s’inscrivent dans un périmètre plus large et paradoxalement moins défini que celui des lieux traditionnellement dévolus au spectacle.
L’objectif de ce groupe de travail est de faciliter la prise en compte, par l’ensemble des acteurs légitimes sur l’espace public, des contraintes liées à l’usage de cet espace, au travers de trois thèmes :
- l’inscription dans le tissu urbain des arts de la rue,
- les moyens et les usages nécessaires au service des propositions artistiques sur l’espace public,
- le cadre dans le domaine de la sécurité de ces pratiques.